l'outil de démocratie participative des élus de gauche de la ville de talant
Vous trouverez ci-dessous l’intervention que le Groupe Vivre Talant a faite au dernier Conseil municipal du 29 septembre concernant la délibération n° 27 (cliquez ici pour la lire) sur « la mise en place d’une action d’expertise et de médiation auprès des jeunes de 8 à 15 ans en situation de désoeuvrement sur le quartier du Belvédère »
Monsieur le Maire,
Tout d’abord : Quelques éléments de contexte concernant cette délibération.
Il est fait mention en introduction de cette délibération, du « diagnostic partagé » en terme de tranquillité publique issu du CLSPD.
Sauf erreur de notre part, nous n’avons pas souvenir qu’il ait été fait mention au cours des récents CLSPD d’un diagnostic partagé qui concernerait les jeunes talantais de 8 à 15 ans. Il a seulement été annoncé mardi soir lors du dernier CLSPD la mise en place d’un dispositif spécifique pour les enfants de cette tranche d’âge. Force est de constater qu’à défaut de diagnostic partagé, nous n’avons pas non plus été associés à la phase préparatoire de ce dispositif.
Si nous essayons de reformuler : dans cette délibération il est soumis à notre approbation le lancement d’une action d’expertise et de médiation en direction de jeunes talantais désoeuvrés.
Médiation, oui pourquoi pas et même bien sûr, la présence de médiateurs de 17 H 30 à 21 H 30 peut en effet compléter de manière pertinente le dispositif des correspondants de nuit. Au passage, nous regrettons la disparition des éducateurs de rue, qui auraient dans ce cas précis, parfaitement rempli leur rôle. En revanche, l’aspect expertise nous pose davantage questions à la fois sur le fond et sur la forme.
Sur la forme : qui dit expertise dit méthodologie appropriée et éthique. Nous ne doutons évidemment pas des compétences des personnels de l’APSALC mais les objectifs de cette expertise nous semblent suffisamment importants pour ne pas dire graves pour que nous souhaitions obtenir davantage d’éléments.
Quid du Logiciel « Modalisa » ? Qui va réaliser l’expertise ? Quelle est la méthodologie ? La clause de confidentialité fait mention d’une diffusion de l’étude entièrement soumise à la Ville de Talant. Quelle forme prendra-t-elle. Les contenus des entretiens y seront-ils consignés, seront-ils anonymés etc…quelle diffusion en sera faite ?...
Plutôt que de prévoir un comité de pilotage spécifique, pourquoi ne pas utiliser le CLSPD lui-même comme support pour assurer le suivi et élaborer les préconisations de cette expérimentation ?
Maintenant sur le fond : dans le contexte d’un développement de ce qu’on appelle le « fichage » : fichage des élèves avec le logiciel « base élèves 1 » et « Base nationale des identifiants des élèves » (BNIE).» (heureusement « retoqués » par le Conseil d’Etat en juillet 2010), ou encore le fichier EDVIGE qui a pour objectif de recenser des personnes susceptibles de porter atteinte à l'ordre public, il nous semble que ce type d’action met en œuvre une politique de surveillance des jeunes citoyens parfois incompatible avec l’état de droit.
Nous encourageons toute action de médiation mais regrettons qu’ici, elle prenne plutôt la forme de ce que vous appelez une expertise.
Pour toutes les raisons évoquées, nous nous abstiendrons sur cette délibération.